Guide DMARC : bloquer l'usurpation de votre domaine
DMARC dit aux destinataires quoi faire d'un e-mail qui prétend venir de votre domaine sans le prouver, et vous envoie des rapports. Voici comment le publier et le renforcer pas à pas, jusqu'au rejet.
À quoi sert DMARC
SPF et DKIM vérifient des domaines techniques que le destinataire ne voit pas. Un fraudeur peut donc passer SPF avec son propre domaine tout en affichant direction@exemple.nc comme expéditeur. DMARC (RFC 7489) comble cette lacune : il exige que l'adresse affichée, celle du champ « De », corresponde à un domaine validé par SPF ou par DKIM.
DMARC apporte trois choses :
- une politique : ne rien faire (
none), mettre en quarantaine (quarantine) ou rejeter (reject) les e-mails qui échouent ; - des rapports : chaque jour, les grandes messageries vous indiquent quels serveurs ont envoyé des e-mails à votre nom, et avec quel résultat ;
- une protection des sous-domaines, qui héritent de la politique du domaine principal.
Depuis 2024, Gmail et Yahoo exigent un enregistrement DMARC des domaines qui leur envoient de gros volumes, et Outlook.com a suivi en 2025.
L'alignement
Un e-mail passe DMARC si au moins une de ces deux conditions est remplie :
- SPF réussit, et le domaine de l'adresse technique d'expédition (Return-Path) est celui du champ « De » ;
- DKIM réussit, et le domaine signataire (
d=) est celui du champ « De ».
En alignement souple (r, par défaut), un sous-domaine suffit : news.exemple.nc est aligné avec exemple.nc. En alignement strict (s), les domaines doivent être identiques.
Un enregistrement DMARC commenté
L'enregistrement est un TXT publié sur le nom _dmarc du domaine :
_dmarc.exemple.nc. TXT "v=DMARC1; p=quarantine; rua=mailto:dmarc@exemple.nc; adkim=r; aspf=r"
| Balise | Signification |
|---|---|
v=DMARC1 | Début obligatoire, toujours en premier. |
p | Politique du domaine : none, quarantine ou reject. Obligatoire. |
sp | Politique des sous-domaines. Absente, ils suivent p. |
pct | Part des e-mails en échec soumis à la politique, de 0 à 100 (100 par défaut). |
rua | Adresse des rapports agrégés quotidiens, au format mailto:. |
ruf | Adresse des rapports d'échec détaillés. Peu de messageries en envoient. |
adkim, aspf | Alignement DKIM et SPF : r (souple, par défaut) ou s (strict). |
fo | Conditions d'envoi des rapports d'échec. |
La montée progressive : none, quarantine, reject
Passer directement en p=reject risque de bloquer des e-mails légitimes, envoyés par un service que vous aviez oublié. La méthode sûre se fait en trois étapes.
- Observer, avec
p=none. Publiezv=DMARC1; p=none; rua=mailto:dmarc@exemple.nc. Rien n'est bloqué, mais les rapports arrivent. Pendant deux à quatre semaines, repérez chaque service qui envoie avec votre domaine et corrigez son SPF ou son DKIM jusqu'à ce qu'il passe DMARC. Dans Domain Check, cette étape vaut 30 : elle signale les usurpations sans les arrêter. - Mettre en quarantaine, avec
p=quarantine. Les e-mails qui échouent arrivent en courrier indésirable. Vous pouvez commencer avecpct=25, puis augmenter, mais n'en restez pas là : tant quepctest inférieur à 100, une partie des usurpations passe. Note : 80, ou 60 avecpctinférieur à 100. - Rejeter, avec
p=reject. Les e-mails qui usurpent votre domaine sont refusés avant d'atteindre la boîte du destinataire. C'est l'objectif : 100 dans Domain Check. Gardez les rapports pour repérer un nouveau service mal configuré.
Un domaine qui n'envoie aucun e-mail peut passer directement à v=DMARC1; p=reject;, avec un SPF v=spf1 -all.
Les rapports rua
Les rapports agrégés sont des fichiers XML, souvent compressés, envoyés une fois par jour par chaque grande messagerie. Ils listent les adresses IP qui ont envoyé des e-mails à votre nom, leur volume et le résultat SPF, DKIM et DMARC. Ils ne contiennent pas le texte des e-mails.
- Utilisez une boîte dédiée, par exemple
dmarc@exemple.nc: le volume peut être important. - Pour les lire, un service d'analyse DMARC transforme ces fichiers en tableaux lisibles.
- Si les rapports partent vers un autre domaine (celui d'un prestataire ou d'un service d'analyse), ce domaine doit publier une autorisation : un TXT
v=DMARC1surexemple.nc._report._dmarc.<domaine-du-prestataire>. Sans elle, la plupart des messageries n'envoient pas les rapports. Les services d'analyse s'en chargent en général.
Publier DMARC pour Microsoft 365
- Vérifiez d'abord que SPF (
include:spf.protection.outlook.com) et DKIM (selector1,selector2) sont en place et que la signature DKIM est activée : voir les guides SPF et DKIM. - Chez l'hébergeur DNS de votre domaine, créez un enregistrement TXT de nom
_dmarc:
Si votre DNS est géré par Microsoft 365, l'enregistrement s'ajoute dans le Centre d'administration Microsoft 365, rubrique Paramètres, puis Domaines.v=DMARC1; p=none; rua=mailto:dmarc@exemple.nc - Suivez la montée progressive ci-dessus jusqu'à
p=reject.
Documentation Microsoft : configurer DMARC pour Microsoft 365 (nouvel onglet).
Publier DMARC pour Google Workspace
- Activez d'abord SPF (
include:_spf.google.com) et DKIM (sélecteurgoogle), puis attendez 48 heures que l'authentification DKIM soit en service. - Chez l'hébergeur DNS de votre domaine, créez un enregistrement TXT de nom
_dmarcavec la valeurv=DMARC1; p=none; rua=mailto:dmarc@exemple.nc. DMARC ne se configure pas dans la console d'administration Google : il se publie uniquement dans le DNS. - Suivez la montée progressive jusqu'à
p=reject.
Documentation Google : configurer DMARC (nouvel onglet).
Publier DMARC chez un autre fournisseur
DMARC ne dépend pas de votre fournisseur de messagerie : c'est un enregistrement TXT unique, nommé _dmarc, que vous publiez chez votre hébergeur DNS. Avant de dépasser p=none, vérifiez que chaque service qui envoie avec votre domaine passe SPF ou DKIM avec un domaine aligné. Le plus sûr est de configurer DKIM pour chacun d'eux, avec votre propre domaine.
Sous-domaines. Un sous-domaine sans DMARC applique la politique sp du domaine principal, ou à défaut sa politique p. Ne mettez sp=none que si un sous-domaine en a réellement besoin : sinon, vos sous-domaines restent ouverts à l'usurpation. Domain Check retire 10 points dans ce cas.
Les erreurs fréquentes
- Mauvais nom. L'enregistrement est publié sur le domaine lui-même au lieu de
_dmarc.exemple.nc. - Deux enregistrements DMARC. Les destinataires ignorent alors la politique.
- Rester en
p=none. C'est une étape d'observation, pas une protection : les usurpations sont signalées, pas bloquées. - Passer en
p=rejecttrop vite. Un service oublié, comme un logiciel de facturation, voit ses e-mails refusés. - Oublier
pct. Unpct=10laissé après les tests ne protège qu'un e-mail sur dix. ruasansmailto:, ou vers un domaine externe sans autorisation : aucun rapport n'arrive.sp=nonealors que le domaine principal est protégé : les sous-domaines peuvent servir à usurper votre identité.
Vérifiez votre DMARC. Domain Check lit votre politique, vérifie les rapports et l'autorisation des domaines externes, et vous propose l'enregistrement de l'étape suivante. Tester mon domaine