Guide DKIM : signer vos e-mails

DKIM ajoute à chaque e-mail une signature que le destinataire vérifie grâce à une clé publiée dans votre DNS. Voici comment l'activer pour Microsoft 365, Google Workspace ou un autre service, et bien choisir sa clé.

À quoi sert DKIM

DKIM (DomainKeys Identified Mail, RFC 6376) signe chaque e-mail sortant avec une clé privée, gardée par votre service d'envoi. La clé publique correspondante est publiée dans votre DNS. Le serveur qui reçoit l'e-mail la lit et vérifie la signature : elle prouve que l'e-mail vient bien d'un serveur autorisé par le domaine et qu'il n'a pas été modifié en route.

Contrairement à SPF, la signature DKIM résiste au transfert d'un e-mail par un serveur intermédiaire. C'est souvent elle qui permet à vos e-mails de passer DMARC.

Un enregistrement DKIM commenté

La clé publique est un enregistrement TXT publié sous un nom qui commence par le sélecteur :

google._domainkey.exemple.nc.  TXT  "v=DKIM1; k=rsa; p=MIIBIjANBgkqhkiG9w0BAQEFAAOCAQ8AMIIBCgKCAQEA…"
ÉlémentSignification
googleLe sélecteur : le nom de la clé. Un domaine peut en avoir plusieurs, un par service d'envoi.
_domainkeyPartie fixe du nom, commune à toutes les clés DKIM.
v=DKIM1Version du protocole.
k=rsaType de clé : rsa (par défaut) ou ed25519.
p=…La clé publique, encodée en base64. Vide, elle signale une clé révoquée.
t=yFacultatif : mode test. Les destinataires peuvent alors ignorer la signature.

Trouver votre sélecteur

Le DNS ne permet pas de lister les sélecteurs d'un domaine. Pour connaître le vôtre, ouvrez un e-mail que vous avez envoyé et affichez sa source (dans Gmail, « Afficher l'original » ; dans Outlook, les propriétés ou la source du message). Dans l'en-tête DKIM-Signature, la valeur s= est le sélecteur et d= le domaine signataire :

DKIM-Signature: v=1; a=rsa-sha256; d=exemple.nc; s=selector1; …

Domain Check teste automatiquement 57 sélecteurs courants. Si votre fournisseur vous a attribué un sélecteur unique, comme OVHcloud ou Amazon SES, saisissez-le dans le champ « Sélecteur personnalisé » du résultat.

Activer DKIM dans Microsoft 365

Microsoft 365 garde les clés et les fait tourner lui-même : dans votre DNS, vous publiez seulement deux alias (CNAME), selector1 et selector2, qui pointent vers Microsoft.

  1. Dans le portail Microsoft Defender, ouvrez Courrier et collaboration, Stratégies et règles, Stratégies de protection, puis Paramètres d'authentification du courrier, onglet DKIM. Accès direct : security.microsoft.com/authentication.
  2. Ouvrez la ligne de votre domaine. Si aucune clé n'existe encore, créez-les. La section Publier les CNAME du volet affiche les deux valeurs à publier.
  3. Chez votre hébergeur DNS, créez les deux CNAME en recopiant exactement ces valeurs :
    selector1._domainkey.exemple.nc.  CNAME  selector1-exemple-nc._domainkey.<votre-tenant>.<x>-v1.dkim.mail.microsoft.
    selector2._domainkey.exemple.nc.  CNAME  selector2-exemple-nc._domainkey.<votre-tenant>.<x>-v1.dkim.mail.microsoft.
    Les domaines configurés avant mai 2025 utilisent l'ancienne forme selector1-exemple-nc._domainkey.<votre-tenant>.onmicrosoft.com. Ne reconstruisez jamais ces valeurs à la main : copiez celles du portail.
  4. Quelques minutes après, une fois les CNAME détectés, revenez dans le volet du domaine et activez « Signer les messages pour ce domaine avec des signatures DKIM ».

En PowerShell Exchange Online, les mêmes étapes s'écrivent :

# 1. Créer les clés, si le domaine n'en a pas encore
New-DkimSigningConfig -DomainName exemple.nc -Enabled $false -KeySize 2048
# 2. Lire les deux valeurs CNAME à publier
Get-DkimSigningConfig -Identity exemple.nc | Format-List Selector1CNAME, Selector2CNAME
# 3. Activer la signature, une fois les CNAME publiés
Set-DkimSigningConfig -Identity exemple.nc -Enabled $true

Sans le paramètre -KeySize 2048, Microsoft crée une clé de 1024 bits. Pour passer une clé existante à 2048 bits : Rotate-DkimSigningConfig -Identity exemple.nc -KeySize 2048. La nouvelle clé signe au bout de quatre jours.

Cas fréquent : CNAME publiés, signature non activée. Les deux alias existent mais la dernière étape n'a pas été faite. Les e-mails partent sans signature DKIM de votre domaine. Domain Check le détecte et le classe en critique.

Documentation Microsoft : configurer DKIM pour Microsoft 365 (nouvel onglet).

Activer DKIM dans Google Workspace

  1. Dans la console d'administration Google, ouvrez Applications, Google Workspace, Gmail, puis Authentifier les e-mails.
  2. Choisissez votre domaine et cliquez sur Générer un nouvel enregistrement. Sélectionnez une clé de 2048 bits et gardez le préfixe de sélecteur proposé, google.
  3. Chez votre hébergeur DNS, créez l'enregistrement TXT indiqué : nom google._domainkey, valeur v=DKIM1; k=rsa; p=…, recopiée en entier.
  4. Revenez dans Authentifier les e-mails et cliquez sur Lancer l'authentification. Google indique que l'activation peut prendre jusqu'à 48 heures.

Documentation Google : configurer DKIM (nouvel onglet).

Activer DKIM chez un autre fournisseur

  1. Dans l'interface de votre service d'envoi (hébergeur de messagerie, plateforme de lettres d'information, CRM), cherchez la rubrique « authentification du domaine » ou « DKIM ».
  2. Générez une clé de 2048 bits. Le service indique le nom à créer (<sélecteur>._domainkey) et la valeur : un TXT contenant la clé, ou un CNAME vers ses propres serveurs.
  3. Publiez l'enregistrement chez votre hébergeur DNS, puis activez la signature dans le service.
  4. Répétez l'opération pour chaque service qui envoie avec votre domaine : chacun signe avec sa propre clé, sous son propre sélecteur.

Longueur de clé

Une clé RSA de 2048 bits est aujourd'hui la norme. Une clé de 1024 bits est jugée trop courte, et en dessous elle peut être cassée. Ed25519 est une alternative moderne et forte, mais tous les destinataires ne la vérifient pas encore : elle s'utilise en plus d'une clé RSA. Dans Domain Check, une clé de 2048 bits ou Ed25519 vaut 100, une clé de 1024 à 2047 bits 70, une clé plus courte 20.

Rotation des clés

Changer de clé régulièrement limite les dégâts d'une clé compromise. La méthode sûre : publier la nouvelle clé sous un nouveau sélecteur, basculer la signature dessus, attendre quelques jours que les e-mails en transit soient livrés, puis vider l'ancienne (p=) avant de la supprimer. Microsoft 365 alterne de lui-même entre selector1 et selector2.

Les erreurs fréquentes

  • Signature jamais activée. L'enregistrement DNS est en place, mais le service d'envoi ne signe pas encore. C'est le cas typique de Microsoft 365.
  • Clé tronquée. Un copier-coller incomplet, ou des guillemets en trop, rendent la clé illisible.
  • Mauvais nom. Le nom complet est publié deux fois (google._domainkey.exemple.nc.exemple.nc) parce que l'interface DNS ajoute déjà le domaine.
  • Alias masqué par un proxy. Chez Cloudflare, les CNAME DKIM doivent être en mode « DNS uniquement », sans le proxy.
  • Mode test oublié. La balise t=y laissée après la mise en service : Domain Check retire 20 points.
  • Clé de 1024 bits. Encore fréquente sur les configurations anciennes, notamment Microsoft 365.
  • Services tiers non signés. Une plateforme de lettres d'information qui signe avec son propre domaine, et non le vôtre, ne vous aide pas à passer DMARC.

Vérifiez votre DKIM. Domain Check cherche vos clés, mesure leur longueur exacte et repère les signatures Microsoft 365 non activées. Tester mon domaine